Un de mes objectifs principaux de l’année était le Championnat national et ce dernier a eu lieu à Moudon samedi dernier (29 juin).

Le championnat suisse est une compétition que j’affectionne tout particulièrement. Contrairement à la Swiss Cup (classement général sur plusieurs manches), au “Championnat” on peut être “titré” pour une année – et ceci en l’espace de quelques heures seulement. Je trouve que la gestion de course, du stress, des émotions, la stratégie et toute la préparation en amont de cet évènement fait toute la différence. Les meilleurs peuvent craquer, certains seront constants, d’autres rattraperont les pots cassés à la dernière minute. Tout se joue en très peu de temps. Tout le monde transpire, aussi (et surtout !) les suiveurs au bord des zones.

Ma préparation pour cette course a vraiment été sérieuse et précise. Depuis le début de l’année, j’ai fait en sorte que tout converge à cette date (parmi quelques autres): ma meilleure forme physique, mon repos, ma motivation. J’ai demandé à mon coach de tout mettre en oeuvre au niveau de ma préparation physique pour être au top. Ni trop, ni trop peu. Techniquement, toutes les techniques sur le vélo étaient rodées pour le jour-J. Prêt à faire feu.

Pour m’adapter à la chaleur extrême du samedi, j’ai passé la semaine préalable à m’entraîner dans l’après-midi, en pleine canicule. Sous la douche ou sur le vélo, aucune différence: complètement trempé…

Je débute la compétition difficilement, comme tout les autres pilotes. Il fait chaud, le tracé est difficile, extrêmement puissant et peu subtile (pas vraiment mon genre…) Sous la chaleur tout le monde commets des erreurs, j’entends déjà le prétendant au titre qui “craque”. A la fin du premier tour, je suis deuxième, à deux petits points de la pôle.

Au deuxième tour – en fonction du ressenti du tour précédent – j’analyse exactement où je veux améliorer mon score pour faire la différence. Dommage, je n’y arrive pas, mais je reste constant. On dirait que tout le monde veut faire mieux, mais que personne n’y arrive. A la fin du tour, certains pilotes rattrapent déjà et terminent le tour avec un meilleur score. Je perds un peu d’avance. Le prétendant au titre commence a rattraper le coup.

Troisième tour, je parviens enfin à sortir un meilleur score pour essayer d’assurer un podium, au bout de l’effort. Malheureusement c’est trop tard, et insuffisant. Un “jeune loup” fait un troisième tour du diable (meilleur tour de la journée), il rattrape tout son retard et prend la troisième place du classement.

Je termine 4ème de la compétition. Certes un peu déçu de ne pas avoir touché le podium, je suis globalement content de ma forme du jour, des sensations sur le vélo, de tout les efforts que j’ai réalisé pour arriver prêt ce jour-là. A 29 ans, pour être “dans la course”, je ne peux plus laisser les choses au hasard. Sinon le hasard s’occupera bien de me le faire savoir. Et je trouve que c’est un challenge en plus à relever qui pimente les choses.

Le plus gros challenge pour moi a été de m’adapter au “tracé de course”. La manière dont la compétition était construite ne correspondait vraiment pas au genre de course que j’affectionne et que j’entraîne. Je travaille régulièrement et j’ai grandi sur des enchaînements de rochers subtiles, des placements de roue intelligents, sur les imperfections du terrain. Samedi, je me retrouvais sur d’énormes obstacles à angle droit, des éléments en béton sans alternatives, des poutres à 3 mètres de hauteur. Plutôt différent.. Mais pas d’excuses, j’ai su m’adapter et réussir à sortir bon nombre de ces passages sur lesquels j’avais de sérieux doutes au préalable, et aussi à prendre du plaisir sur ce tracé difficile.

Je repars déjà ce jeudi. Au programme: départ pour l’Autriche où je me réjouis de participer à la première manche de Coupe du Monde de l’année, à Salzburg.

Je continuerai ce voyage en restant 2 semaines sur place pour un projet vidéo en montagne.

Affaire à suivre..

Merci à vous tous pour votre soutien et à très bientôt !

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